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L'Armagedon à Inazuma ? Modifier

Courant dans les rues de la ville, Arion s'interrogeait à vive allure. Comment tout cela était-il arrivé ? Comment se faisait-il que personne n'ait pu prévoir une telle chose ? Les médias étaient capables de donner le temps qu'il ferait dans la semaine qui suivait, mais n'étaient pas capables de prévoir quelque chose de cette envergure ?!

Tout avait été si calme, une heure auparavant. Le soleil brillait, le ciel était dégagé, tout le monde s'entraînait avec plaisir. Même les plus maussades d'habitude avaient eu un sourire affiché sur le visage toute la journée. Tout avait été si paisible et agréable ! Cela avait été comme si cette journée était la journée parfaite. Peut-être trop parfaite, justement ? Il était effrayant de voir la vitesse avec laquelle tout avait changé du tout au tout. Comme s'ils avaient commis un acte terriblement grave qui devait leur coûter aussi cher.

Le sol avait commencé à se craqueler sous leurs pieds peu après la fin de l'entraînement. Ils étaient en train de se diriger vers les vestiaires quand cela avait débuté. Si d'abord, les quelques craquelures ne les avaient pas affolés – le sol était sec, quoi de plus normal qu'il se fissure ainsi ? – il leur avait été impossible  de nier que quelque chose de grave se passait lorsqu'un trou plus large qu'une route s'était creusé face à eux. Les Raimon avait commencé à paniquer, y compris les plus hardis. Endou avait tenté de les calmer. Effort vain quand le sol s'effondra sous les pieds de Ryoma. Le cri de Jade déchira le coeur d'au moins la moitié de l'équipe lorsque le milieu de terrain tomba dans la crevasse. Celle-ci, bien que présente depuis très peu de temps, était profonde et impossible de percevoir une trace du garçon. L'équipe s'était alors mise à courir loin du collège. Le terrain fut ravagé en très peu de temps. Chacun partit de son côté, en quête de sa maison pour retrouver ses parents. Arion s'était donc vite retrouvé seul.

Alors il était là, à courir pour rentrer et voir si sa tante était saine et sauve. Des craquelures apparaissaient au fil de sa course, comme si elles le suivaient. Le brun se demanda si la situation était la même pour les autres. L'idée d'appeler J-P ou Skie lui traversa l'esprit mais il songea que ce n'était pas une très bonne idée. Cela le ralentirait et ralentirait celui ou celle qu'il appellerait.

Soudain, la pluie commença à tomber. Les nuages étaient à peine visibles pourtant. Arion se trouva rapidement trempé et faillit glisser à plusieurs reprises sur le sol humide. Plus il avançait, plus le sol semblait s'ouvrir vite. Il accéléra le pas, ne souhaitant pas vraiment découvrir la profondeur des trous. La pluie s'intensifia et Arion sursauta au son du tonnerre grondant. Il faisait plein soleil, bon sang ! Comment un orage pouvait-il être là par ce temps ?! Les éclairs aussi foisonnaient à présent. Presque invisibles à cause de la lumière du soleil brillant toujours, Arion parvenait tout de même à les apercevoir. Mais que se passait-il à la fin ?!

En arrivant devant la maison où résidaient sa tante, lui et les autres, Tenma constata avec effroi l'effondrement de celle-ci. Il ne tenta cependant pas d'aller vérifier l'intérieur du bâtiment. Penché comme elle était, il n'était pas sûr qu'elle tienne encore longtemps de cette manière au dessus du vide. Il espérait juste que Silvia n'ait pas été à la maison à ce moment là.

Il repartit en courant loin d'ici. Les fissures avaient commencé à apparaître aussi face à lui et il ne tenait pas vraiment à tomber dans un de ces trous sans fond. Il se dit qu'il devait tenter de rejoindre l'un des membres de l'équipe. Il essaya de se situer et de voir celui qui serait le plus près. Selon ses estimations, le plus proche de lui à ce moment-là serait Riccardo. Il se dirigea donc vers la maison du brun dans l'espoir de l'y trouver.

Tenma aurait pu comparer le chemin jusqu'à l'immense maison à un parcours du combattant tant le sol se craquelait et glissait à cause de la pluie. Celle-ci ne cessait d'ailleurs pas et ne faisait que s'intensifier. Le soleil s'était enfin caché derrière les nuages sombres. Le vent s'était levé. Les bourrasques donnaient à Arion l'impression d'être à deux doigts de s'envoler. Plus le temps se dégradait, plus le brun commençait à s'inquiéter. Pourquoi la météo était-elle aussi capricieuse en si peu de temps ?

Il parvint jusque devant chez Riccardo. La bâtisse était en flamme. Riccardo se tenait devant la grille, à genoux et en larmes. Sherwind courut vers lui.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! »

Riccardo tenta de calmer ses sanglots pour répondre. Mais il eut beaucoup de difficulté à les amoindrir.

« Un éclair... sur la maison... Les flammes ont pris... Maman... dedans... Et... »

Il éclata à nouveau en sanglot. Du peu que Arion avait compris, les parents du deuxième année se trouvaient dans la maison lorsqu'un éclair avait frappé celle-ci. Le feu avait pris et le nouveau capitaine de Raimon se doutait qu'il y avait peu de chances pour que les parents de l'ancien s'en sortent indemnes. Il releva Riccardo et tenta de l'éloigner du carnage. Il dut faire face à une courte résistance mais les forces du plus âgé le quittaient et il fut contraint de suivre Arion.

Après vingt minutes de marche à éviter les crevasses qui s'étaient formées, les deux garçons arrivèrent au parc près de la grande tour d'Inazuma. Celle-ci s'était déjà effondrée depuis un moment. Le vent devenait de plus en plus puissant et les deux bruns eurent peur de ne pas pouvoir rester au sol très longtemps.

« On dirait que c'est l'apocalypse !

- On ne dirait pas, ça l'est  Arion ! Il suffit de voir comment les éléments se déchaînent pour le constater ! »

Ils étaient obligés de crier pour s'entendre tant le vent et les trombes d'eau couvraient leur voix. Les bourrasques entraînèrent un banc avec elles qui faillit retomber sur les deux collégiens. Trempés jusqu'au os, ceux-ci ne voyaient pas vraiment ce qu'ils pouvaient faire. Les chemins étaient dévastés et ils ne pouvaient plus retourner au collège. De toutes manières, le seul endroit normalement le plus sûr là-bas avait cédé bien avant le reste aux catastrophes qui avaient débutées plus tôt dans l'après-midi.

Le niveau de la rivière près du terrain de foot avait largement monté et le terrain était littéralement englouti sous les flots. Le sol continuait de se craqueler petit à petit. Les garçons ne pouvaient s'accrocher à rien pour résister au vent. Celui-ci était malheureusement de plus en plus puissant et ils avaient du mal à garder les pieds au sol. Arion songea qu'ils devaient trouver un endroit où le vent serait arrêté au moins en partie. Son regard se posa sur la faible montée pour accéder à la tour. S'ils s'abritaient en dessous de l'espèce de petite falaise que cela formait, ils seraient au moins protégés du vent. Il commença à courir dans la direction de l'endroit en question. Riccardo le suivit, moins rapidement à cause du vent qui venait de tourner et qui allait à contre-sens. Arion arriva donc le premier au dessous.

Arion hurla pour appeler l'ancien capitaine de Raimon. Celui-ci ne sembla pas l'entendre. Pourtant il aurait dû comprendre, se dit Tenma. Il était tourné vers lui et le regardait les yeux grands ouverts, alors pourquoi ne venait-il pas le rejoindre ? Le vent s'était un peu calmé après tout.

Il tenta à nouveau d'appeler Riccardo mais s'arrêta dans son cri quand il entendit quelque chose tomber à côté de lui. Il regarda la motte de terre boueuse qui venait de chuter. Avant de comprendre ce que cela impliquait.

Il se retourna vivement. Juste à temps pour voir la terre tomber un peu plus et emporter le reste. Certes, il était bien à l'abri du vent. Mais pas de l'effondrement de sa cachette. Il eut juste le temps de crier avant qu'un rocher pris dans la montée ne tombe sur lui. Tout fut noir à partir de cet instant pour lui. Il n'entendit pas le cri d'effroi de Riccardo qui perça le vent et la pluie à ce moment là...

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